dimanche 11 septembre 2016

[Triathlon] On a testé : le Half-Ironman du Château de Chantilly !

C’est sur la distance Half-Ironman du Triathlon de Chantilly que nous avons choisi de nous lancer fin août dernier en relais, avec Franck et Alex que vous avez pu lire l'année dernière sur la distance Olympique. Soit 1,9 Km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied. Récit à trois plumes de notre aventure sportive :



 Franck, natation, 1,9 Km
" Réveil à 6 heures, le soleil n’étant pas encore levé, une banane en guise de petit déjeuné et nous voila parti avec toute l’équipe, Camille, Alex, Laurent et Carine pour le triathlon de Chantilly pour la deuxième année consécutive.



Malgré nos calculs, nous nous rendons vite compte que nous allons être un peu justes... Je presse donc le pas pour me rendre directement près de la ligne de départ, sur le bord du canal. Le briefing a déjà commencé et je me presse pour enfiler ma combinaison néoprène qui fait son premier triathlon. 

C’est en discutant rapidement avec les compatriotes lors de la mise à l’eau que je réalise qu’il faut laisser la première bouée à droite. Comme quoi, quand est trop sûr de soi, ça peut jouer des tours !
Un petit plongeon et me re-voila dans ce canal à l’eau si cristalline, semblable à celle d’un lagon aux caraïbes…Ça c’était réservé aux doux rêves de la veille ! Son fond vaseux et sa couleur marron n’ont pas changés, mais je n'étais pas là pour faire de la plongée...!

Je me place sur le départ, le compte à rebours commence, et top…
Toujours excitant, le départ d’un triathlon est très chaotique vu de l’intérieur. On essaye de se placer, de bien nager, souple et en puissance, mais je me rends vite compte qu’au premier virage je suis déjà bien essoufflé. Nager avec une centaine de personnes autour de soi dans un canal n’est définitivement pas la même chose qu’en piscine. Et ce n’est donc qu’au moitié du parcours que je commence à nager proprement et surtout à retrouver de bonnes sensations de glisse. 

Après avoir dépassé la difficulté de ne pas se nager les uns sur les autres, il faut nager droit. Ça à l’air simple, mais la ligne faites de petits carreaux bleus dans la piscine, semblable à une piste d’atterrissage, est dans cette situation recouverte d’une bonne couche de vase et la visibilité réduite à zéro. Il faut donc régulièrement regarder où l’on va ce qui encore une fois n’arrange pas les choses. Le passage des bouées est aussi crucial pour gagner du temps en adoptant la meilleure trajectoire.

Après une trentaine de minutes d’effort, je vois enfin se distinguer la ligne d’arrivée. Je ne sais pas trop comment je me situe par rapport aux autres et c’est là toute la beauté de la natation en eau vive. On se concentre rapidement sur soi, écoutant son propre corps, ne pensant qu’au prochain passage d’épaule, à la prochaine respiration.

La sortie se fait sans encombre et je me dirige rapidement jusqu’au boxe de transition où Alex m’attendant patiemment tel un cheval dans ses starting blocks. Je donne tout ce qui me reste pour monter les escaliers mais la transition nager/courir procure toujours une sensation atypique où l’on ne sait pas trop comment avancer ses pieds et prendre appui. Enfin je retrouve Alex, la puce a changé de cheville, et il s’élance aux côtés de son destrier."



Alex, vélo, 90 Km
" Un peu nerveux, j’attends comme un élève qui va passer au tableau. La craie est juste là, en carbone, suspendue par la selle, et le tableau noir s’allonge sur plus de 90 kilomètres.

Je regarde autour de moi, tout est étrangement calme, le soleil se lève seulement, l’air est encore frais. Soudainement, j’entends le silence se fendre, des cris lointains, des applaudissements, c’est surement les premières torpilles qui sortent de l’eau et qui montent les escaliers du château. Le volume augmente, ça se rapproche !
La première armoire déboule dans la zone de transition au bout de 25 minutes seulement, en se démêlant de sa combinaison néoprène, c’est le signe que Franck ne va pas tarder. Le voilà ! Il a nagé vite, seulement 20 des 400 nageurs sont sortis. On échange vite deux mots, et quelques secondes plus tard je sors de la transition, la puce GPS encore mouillée attachée à la cheville.

Ça fait quelques kilomètres que je suis sur la route, ça roule fort mais il y a de la place, on est espacés chacun d’environ 50 mètres, à cette distance pas facile de lancer une discussion sur le beau temps. Je vois beaucoup passer les motos d’arbitrage, donc les drafteurs (ceux qui trichent en prenant l’aspiration) risquent d’avoir des mauvaises surprises. 

J’ai 5 barres énergétiques dans le dos, j’en prendrai à peu près une tous les 20 km en fonction de mon état. Alors que je fais le calcul pour savoir à combien de kilomètres est le premier (qui a pris son vélo 10 minutes avant moi), un étrange balais se met en place : c’est les gros rouleurs, à la peine dans l’eau, qui lâchent les chevaux et prennent leur revanche sur le goudron ; et à l’inverse, les purs Poséidons qui suent pour essayer de limiter la casse. Pas la peine de vous faire un dessin, certains de ceux qui sont sortis après moi passent avec des machines de contre la montre et ne sont clairement pas là pour trier les lentilles. Bref, pour ma part je viens de finir mon petit calcul, le premier est environ 6 km devant moi, autant dire que je ne verrai pas les couleurs de sa tri fonction, qui sont surement les couleurs de la Grande Bretagne d’ailleurs.

Je viens de boucler le premier tour de 45 km, rapide coup d’œil à ma montre qui m’indique une moyenne de 34 km/h. Quand je relève la tête, le trafic fluide semble avoir subitement pris un air de départs en vacances. Pas de caravanes, mais pleins de dossards rouge fluo qui déboulent sur le circuit, frais comme des gardons ! Ce sont les triathlètes de la distance olympique qui viennent faire leur boucle de 45km avant d’aller courir. 

Au 70ème et 80ème kilomètre j’ai la bonne surprise de rattraper deux copains, faciles à reconnaître avec leurs tenues oranges légendaires. C’est Baptiste et Adrien Marlaut, deux coureurs de talent habitués des marathons, venus faire la distance olympique. Pas vraiment le temps de prendre l’apéro, mais on échange quand même quelques remarques et encouragements chaleureux, comme les traditionnels « Allez Go Go Go mec » et les plus originales « T’as vu y'a du vent !» …

« Slow down ! Slow down !! » C’est ma libération qui arrive au son d’un bénévole qui prévient de ralentir pour attaquer le dernier virage. Il n’est pas facile à négocier, un angle droit à gauche donnant sur une route sableuse qui mène tout droit à la zone de transition. Ça passe. SCRATCH ! Un coup d’œil derrière, un nuage de poussière, c’est le suivant qui vient de le rater. J’espère qu’il va bien au moment où j’entends les encouragements de Carine, Franck et Laurent. A mon tour de débouler dans la zone de transition pour transmettre le flambeau à Camille."



Camille, course à pied, 21 Km
" A 11h30 je rentre dans le parking à vélo, saturée d’adrénaline et un peu nerveuse je dois l'avouer; Alex devrait arriver d’ici peu de temps…au bout de 10 minutes, j’aperçois un cycliste tout de rouge & noir vêtu, courant « à la Froom » à côté de son vélo. Le passage de puce se fait rapidement, et je m'élance sur le semi-marathon avec ce gros bracelet noir au pied, telle une prisonnière sous liberté surveillée. 

"Surveillé", c’est le terme qui sied parfaitement à mon statut sportif du jour; Maman (pas heureuse du tout) d’une douleur gênante au tibia depuis plusieurs semaines, l’objectif pour moi est plus de « sauver les meubles » que de défrayer la chronique-chrono ; c’est à dire : ne pas ressentir de douleur au tibia et finir le tour.

La première boucle de 10 km entre forêt & tour de l’hippodrome de Chantilly se passe très bien, et à bonne allure; je suis régulièrement dépassée par des fusées de triathlon courant droit comme des piquets, d'impressionnantes machines de guerre ! Mais le second tour sous le cagnard de 13h est une autre affaire. Ma jambe gauche  commence à tirer un peu, je choisis donc sagement de modérer l’allure, l’objectif n’étant pas de saper ma saison sportive sur ce semi.

Au 20ème kilomètre, je sors de la forêt pour me retrouver face au château ; Laurent et Carine sur le côté sont là et m’encouragent. Munie d’un second souffle, je m’accroche jusqu’au bout et termine en allongeant l’allure.

Je terminerai le semi-marathon du relais sur un mental excellent, une jambe un peu faiblarde mais le tour est joué ! La ligne d’arrivée est passée, nous sommes finishers ! 
(Et joliment dotés d'une troisième place de l'épreuve relais).



Nous garderons un très beau souvenir de cette course : un moment de sport, d’amitié et de convivialité dans le cadre féerique du château de Chantilly ! En 2017, on revient, mais sur l’épreuve complète chacun ?



Stay tuned !

Merci à Deville Photography pour les photos, et à Bernascom pour cette aventure exceptionnelle !

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